Compound Biosourcé

Biosourcé, biodégradable, compostable : trois notions à ne pas confondre

« Biosourcé » parle de l’origine de la matière ; « biodégradable » et « compostable » parlent de sa fin de vie. Les confondre mène à de mauvais choix de matière — et à des allégations environnementales non conformes.

Mis à jour le 14 octobre 2026

Biosourcé : une question d’origine

Un plastique biosourcé est fabriqué, en tout ou partie, à partir de biomasse : amidon, sucres, huiles, cellulose, fibres. La notion ne dit rien de sa fin de vie. Le polyéthylène biosourcé, issu de la canne à sucre, est chimiquement identique au polyéthylène fossile : il n’est ni biodégradable ni compostable.

La teneur biosourcée se mesure. La méthode de référence dose le carbone 14, présent dans le carbone d’origine récente (la biomasse) et absent du carbone fossile. Les normes EN 16640 et ASTM D6866 décrivent cette mesure, sur laquelle s’appuient des certifications comme « OK biobased ».

Biodégradable : une notion qui dépend du milieu

Un matériau biodégradable peut être décomposé par des micro-organismes en eau, en dioxyde de carbone (ou en méthane en l’absence d’oxygène) et en biomasse. Sans précision sur le milieu — compost, sol, eau douce, mer —, sur la température et sur la durée, l’affirmation n’a guère de sens : un matériau qui se dégrade en quelques semaines dans un composteur industriel chauffé peut persister des années dans la nature.

C’est pourquoi, en France, la mention « biodégradable » est interdite sur les produits et les emballages depuis 2022, en application de la loi AGEC (article L541-9-1 du Code de l’environnement).

Compostable : des normes précises

Compostable signifie biodégradable dans des conditions de compostage définies, sans laisser de résidus visibles ni nuire à la qualité du compost. Deux niveaux coexistent :

  • Le compostage industriel. Pour les emballages, la norme EN 13432 exige notamment une biodégradation d’au moins 90 % en six mois au plus et une désintégration d’au moins 90 % en douze semaines, dans des conditions de compostage industriel autour de 58 °C, ainsi que l’absence d’effet écotoxique et le respect de seuils en métaux lourds. La norme EN 14995 étend ce cadre aux plastiques en général. Les certifications « OK compost INDUSTRIAL » ou « Seedling » s’y réfèrent.
  • Le compostage domestique. À température ambiante, dans un composteur de jardin, la dégradation est plus lente et l’exigence plus forte. En France, la norme NF T51-800 en fixe les critères ; la certification « OK compost HOME » est la plus répandue.

Le même article L541-9-1 interdit également la mention « compostable » pour les plastiques qui ne sont compostables qu’en unité industrielle, et impose la mention « Ne pas jeter dans la nature » sur les plastiques compostables. Ces règles évoluent : vérifiez le texte en vigueur avant tout marquage.

Recyclable : l’autre voie

Certains compounds biosourcés visent le recyclage plutôt que le compostage, en phase avec le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), qui met l’accent sur la recyclabilité. Le Vegemat® BIOREC-AN 01, par exemple, est présenté par son fabricant comme biosourcé, recyclable et conforme au PPWR, avec une densité de 0,92 g/cm³ et une souplesse adaptée aux emballages à charnière.

En résumé

NotionCe qu’elle décritComment la prouver
BiosourcéL’origine de la matièreMesure du carbone 14 (EN 16640, ASTM D6866), certification « OK biobased »
BiodégradableUne dégradation par des micro-organismes, dans un milieu donnéEssais normalisés propres à chaque milieu
Compostable industrielUne biodégradation en compost chaufféEN 13432, EN 14995 ; « OK compost INDUSTRIAL », « Seedling »
Compostable domestiqueUne biodégradation en composteur de jardinNF T51-800 ; « OK compost HOME »
RecyclableUne réintégration dans une filière de recyclageConception pour le recyclage et filière existante

Comment en tenir compte pour choisir un compound

Partez de la fin de vie réellement accessible aux utilisateurs, pas de l’allégation la plus flatteuse. Un gobelet utilisé lors d’un événement doté d’une collecte de biodéchets n’a pas les mêmes besoins qu’une capsule de café jetée par des particuliers, ou qu’un emballage destiné au bac de tri. Les fiches des fabricants précisent la fin de vie visée par chaque grade : c’est ce critère qui doit guider la présélection, avant même les propriétés mécaniques.