Compound biosourcé : définition, composition et usages en plasturgie
Un compound biosourcé est une matière plastique prête à transformer, livrée en granulés, dont tout ou partie des constituants est issue de ressources renouvelables. Ce guide explique ce qu’il contient, ce qui le distingue d’un polymère brut et comment le choisir pour un projet d’injection ou d’extrusion.
Mis à jour le 14 octobre 2026
Compound, compoundage : de quoi parle-t-on ?
En plasturgie, un compound est le résultat du compoundage : une opération industrielle qui mélange à l’état fondu un ou plusieurs polymères avec des charges et des additifs, le plus souvent dans une extrudeuse bivis, puis découpe le jonc obtenu en granulés réguliers. Le transformateur reçoit une matière homogène, formulée pour un cahier des charges précis, qu’il injecte ou extrude directement sur ses machines.
Un compound est dit biosourcé lorsque tout ou partie de sa matière provient de la biomasse : sucres et amidons transformés en polymères (comme le PLA), polymères produits par fermentation bactérienne (les PHA), fibres végétales ou amidon utilisés comme charges. Le terme renseigne sur l’origine de la matière, pas sur sa fin de vie : un compound biosourcé n’est pas forcément compostable, et un plastique compostable n’est pas forcément biosourcé. Ces notions sont détaillées ici.
Ce que contient un compound biosourcé
- La matrice polymère. C’est le liant du matériau : elle assure sa cohésion et l’essentiel de son comportement mécanique et thermique. Dans les compounds biosourcés pour l’injection, on trouve surtout des polyesters comme le PLA, le PBS ou les PHA, souvent associés entre eux. Panorama des polymères biosourcés.
- Les charges. Fibres et farines végétales (bois, céréales, lin, chanvre…), amidon ou charges minérales. Elles modifient la rigidité, la densité, la tenue en température et l’aspect de la pièce. L’effet des charges, chiffres à l’appui.
- Les additifs. Utilisés en faible proportion, ils facilitent la mise en œuvre ou apportent une propriété ciblée : teinte, stabilisation, souplesse, ou nucléation pour accélérer la cristallisation.
Pourquoi un compound plutôt qu’un polymère brut ?
Un polymère seul offre un compromis de propriétés figé. Le compoundage déplace ce compromis vers le besoin réel de la pièce : davantage de rigidité pour une pièce technique, de la souplesse pour une charnière ou un clip, une meilleure tenue en température pour un emballage rempli à chaud, une fluidité adaptée à des parois fines.
Les fiches techniques publiques des compounds Vegemat®, une gamme de compounds biosourcés formulée en France par Vegeplast, montrent l’amplitude de ces réglages :
| Propriété | Valeur la plus basse | Valeur la plus haute |
|---|---|---|
| Allongement à la rupture (ISO 527) | 5 % (CER-AN 04, grade rigide) | 125 % (FLEX-AN 08-45, grade semi-souple) |
| Module de flexion (ISO 178) | 1 380 MPa (FLEX-NN 10) | 7 300 MPa (MINE-AN 800, chargé minéral) |
| Température de fléchissement HDT B (ISO 75) | 47 °C (CER-AN 04, FLEX-AN 09) | 110 °C (famille FIB-ANC) |
| Densité (ISO 1183) | 0,92 g/cm³ (BIOREC-AN 01) | 1,47 g/cm³ (MINE-AN 800) |
Valeurs typiques indicatives issues des fiches techniques Vegemat®. Comparatif complet des 14 grades.
Comment un compound biosourcé est transformé
La plupart des compounds biosourcés destinés à l’injection se mettent en œuvre sur des presses standard. Deux points changent par rapport à un polypropylène :
- Le séchage. Les polyesters biosourcés se dégradent au contact de l’humidité à l’état fondu : c’est l’hydrolyse. Les granulés s’étuvent donc avant transformation. Les fiches consultées prescrivent au minimum 4 h, à une température de 55 à 80 °C selon le grade.
- La fenêtre de température. Les températures de fusion mesurées par DSC se situent entre 145 et 180 °C sur ces mêmes fiches, et les plages de transformation indiquées vont de 180 à 235 °C. Dépasser la température maximale du fabricant expose à une dégradation de la matière.
Les grandes familles d’applications
- emballages, couverts, vaisselle et gobelets au contact des aliments, avec des grades dont l’aptitude au contact alimentaire se vérifie selon l’usage ;
- capsules de café et emballages remplis à chaud, qui demandent une bonne tenue thermique ;
- produits agricoles et horticoles : clips, attaches, pots à semis ;
- pièces techniques rigides non alimentaires ;
- articles de sport et de loisirs, comme les tees de golf ou les billes d’airsoft.
Choisir un compound biosourcé : les bonnes questions
- La pièce est-elle au contact d’aliments ? Si oui, il faut un grade dont l’aptitude au contact alimentaire est documentée, et une vérification selon le type d’aliment.
- Quelle fin de vie est réellement accessible ? Compostage industriel, compostage domestique ou recyclage : le bon choix dépend de la filière dont disposent les utilisateurs.
- Rigide ou souple ? L’allongement à la rupture et le module de flexion donnent une réponse objective.
- Quelle température d’usage ? La HDT indique à partir de quelle température la pièce commence à fléchir sous charge.
- Quel procédé et quelle géométrie ? Un indice de fluidité (MFI) élevé facilite le remplissage des parois fines.
Les réponses courtes aux questions les plus fréquentes sont regroupées dans la FAQ.